Journal d'un voyage au Japon

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jeudi, mars 17 2011

Nuclear Earthquake

Il y a un peu plus d'un an, lors d'un voyage à Okinawa, j'ai vu un film appelé "Nuclear Hurricane". C'était complètement pathétique, mais finalement pas très loin de la situation actuelle.

Jeudi 10 Mars 2011, "Zettai Zetsumei Toshi 4: Summer Memories" a été mis en vente. Le jeu offre au joueur de survivre dans une ville dévastée par un tremblement de terre majeur (trouver de l'eau, de la nourriture, éviter les bâtiments croulants, etc). Le lendemain, un séisme de force 9.1 frappait le Japon, engloutissant des villes entieres et tuant par milliers. Le jeu a été retiré de la vente et sa distribution annulée.

Vendredi, 3PM, fortes secousses. Les étagères se déversent sur le sol, les armoires menacent de tomber, certains s'abritent sous leurs bureaux. Ceux qui ne sont pas directement a coté d'une armoire sont, dans l'ensemble, amusés. A la première accalmie, tous les employés quittent le bâtiment. Les trains étant arrêtés, chacun commence à planifier son retour. Certains passeront la nuit dehors, certains marcheront pendant plus d'une demie-douzaine d'heures pour rentrer chez eux. Pour ma part, je prends un café avec des collègues, passe un peu de temps dans une salle d'arcade, puis, les trains n'étant pas rétablis, je vais dormir chez un collègue après 2 petites heures de marche. Bilan: une après-midi de repos, rentré avant 10 heures, pots de fleurs cassés, trains arrêtés.

Samedi, un peu vendredi soir, je rattrape mon retard sur les infos. Les images sont considérablement plus choquantes que les vibrations, et je prends progressivement conscience de l'ampleur de l'évènement. Le tremblement de terre en lui-même n'a causé que peu de dégâts, mais le tsunami a ravagé les cotes. Cependant, le sentiment général reste l'assurance que le pire est passé. Bilan: Milliers de morts, villes détruites par les tsunami.

Dimanche, la vie commence à reprendre son cour. Le deuxième étage du bâtiment voisin de ma laverie est marqué par un incendie, probablement au gaz. Je vais voir Au Revoir Taipei au cinéma. Je découvre une notification de colis qui serait arrivé vendredi dans l'après-midi, peu après le séisme, avant mon retour. Je reçois un appel de Docomo au sujet de ma commande. Tout juste commence-on à réaliser qu'une centrale nucléaire a pris plus de dégâts que les autres. Bilan: rares paniques, alourdissement du bilan des tsunami.

Lundi, de retour au boulot. Tout le monde est présent, sauf de rares employés qualifié d'alarmistes. Il semble que certains des réacteurs, endommagés par le séisme et le tsunami, ont des soucis de refroidissement. Le niveau de nervosité augmente progressivement, mais la situation semble sous contrôle dans la centrale, et de nombreuses sécurité sont en place en cas de problème. Toutes les entreprises continuent normalement, mais certaines denrées (en particulier les céréales) commencent à se faire rare dans les boutiques. Bilan: montée de l'inquiétude, diminution des stocks.

Mardi, toujours pas de signe d'amélioration. Les mesures de sécurité tombent les unes après les autres. Le vent tourne au sud, le niveau de radioactivité à Tokyo augmente de manière significative. Tout le monde garde un oeil sur les informations en permanence. La plupart prennent des mesures, ne serait-ce que garder son passport sur soi au cas ou. La plupart des entreprises continuent leurs services malgré des coupures de courant, je prends possession de mon tout nouveau MEDIAS à Docomo, une journée avant la sortie officielle. Il est pratiquement impossible de trouver de la nourriture et de l'eau plate. Certains collègues ont silencieusement quitté la région, de plus en plus de gens regardent les transports au départ. L'ambassade de France offre gratuitement des places dans un avion pour la France. Le soir, ne voyant toujours aucun signe d'amélioration de la situation, et ayant constaté à quelle vitesse la situation pouvait tourner, je trouve plus prudent d'acheter un billet de train pour le lendemain. Si la situation s'améliore durant la nuit, rien ne me force à l'utiliser. Bilan: chaos.

Mercredi, discours du boss aux employés présents, environ deux tiers. Il se veut rassurant, encourage à rester, offre son soutient en termes de logements et transports, mais aussi compréhensif et accommodant en termes de télétravail. La situation, bien que toujours non-dangereuse pour Tokyo, n'est toujours pas stabilisée. La seule certitude est que rien dans mes activités à Tokyo ne vaut la peine de risquer ma vie, ma santé, ou celles de mes proches. Je donne mes dernières réserves de riz à des amis restant quelques jours de plus, et prends mon train pour le sud.

Jeudi, les rares employés restant (dont certains ont eux-même leurs billets) nous font part de l'état des locaux. Moins d'un tiers des employés sont présents, malgré une absence flagrante de notification préalable. Ceux qui peuvent travaillent à distance. Pour l'entreprise, pour le Japon, advienne que pourra.

Bilan, je suis à Hakata, à 1000km de Tokyo et plus encore de Fukushima. Pas de tourisme, je bosse toute la journée. A mon grand regret, mon appartement à Tokyo n'est plus à votre disposition jusqu'à amélioration de la situation, mais je doute que vous vouliez m'y rendre visite de toute manière. Si le pire venait, je suis à 15 minutes de l'aéroport de Fukuoka. Et pour ceux qui seraient pas encore au courant, j'ai un appartement et un nouveau téléphone.

Good night, and good luck.

vendredi, juillet 16 2010

Leçon de marketing

Vu sur une publicité pour une boite de conseils légaux:

"Venez chez nous! Nous vous ferons payer le même prix que si vous étiez japonais!"

J'espère qu'ils sont meilleurs en droit qu'en marketing.

samedi, juin 26 2010

Modern Dog 11

Puisqu'il faut bien poster une fois de temps en temps, on va se plaindre un peu.

J'ai déjà rapporté mes (més-)aventures immobilières, en voici donc quelques nouvelles:


Cette semaine:

  • お問い合わせいただきましたお部屋につきましては、本日貸主様よりご紹介の確認がとれましたが、外国籍の方につきましてはお家賃9千円上がるの事でした。

c'est à dire:

  • Au sujet de l'appartement qui vous intéresse, quand nous avons présenté votre dossier au propriétaire, il a dit que le loyer était 100 euro plus cher pour les non-japonais.

La semaine dernière:

  • 本日お問い合わせいただきました物件はオーナー様の方から外国籍の方はNGと言われてしまいました。

c'est à dire:

  • Le propriétaire a précisé que l'appartement que vous avez mentionné n'était pas disponible pour les non-japonais.

edit:

La semaine suivante:

  • お問い合わせいただきましたお部屋を貸主様へお問い合わせさせて頂きましたが、日本国籍の方限定で募集の事で御座いました。

c'est à dire:

  • Au sujet de l'appartement que vous avez demandé, nous avons demandé au propriétaire, la location est restreinte aux gens de nationalité japonaise.

Un jour peut-être...


Sur une note plus joyeuse, certains savent que ces dernièrement je fais du roller régulièrement. Comme beaucoup sont plus accro aux photos que moi, il n'est pas difficile de trouver des galeries de ces promenades. En voici quelques-unes:

  • Juin 20, le w-e dernier
  • Juin 13, quand je me suis retrouvé entraîné contre mon gré dans une ballade au bord de la mer 2 fois plus longue que prévue

(Les deux sites proposent d'autres galeries, dans lesquelles il n'est pas impossible que j'apparaisse furtivement... par exemple celle qui devrait apparaître demain dans la soirée.)

dimanche, avril 11 2010

Liberté

Hier, dans un parc, j'ai été abordé par un intriguant personnage. Il se présente comme un écrivain sans-abris. Ses poches sont pleines de copies de ses écrits, photocopiés et agrafés dans des combinis ou manga kissa, et vendu pratiquement au prix du papier. On y trouve des haïku, des recueils de nouvelles, quelques oeuvres plus conséquentes. L'un des plus gros est un reportage sur l'Afganisthan, ou il a vécu quelques années. Il a vécu dans toutes sortes d'endroits, parle toutes sortes de langues, avec plus ou moins de succès. Il cite divers philosophes - apprenant que je suis français, il sort de sa poche le livre qu'il est en train de lire, ou peut-être relire: Les Confessions, de Rousseau.

Ses paroles sont franches et directes. Les maisons d'éditions sont des voleurs dont le métier est de vider les poches des écrivains. Les japonais sont incapables de penser par eux-mêmes, les systèmes politiques de ces deux derniers siècles les cloisonnant dans des routines confortable. Ce sont tous des menteurs: leurs actions ne sont dictées que par l'environnement, les circonstances, indépendamment de leurs sentiments, et ca finit toujours par ressortir.

Il a un site web, un blog pas très à jour, des livres publiés. Et à voir Google, on croirait que pas un des nombreux touristes qu'il a abordé n'a pu se retenir de l'inclure dans le récit de leurs aventures. Il s'appelle Hideo Asano, il a 65 ans et il est sans-abris.

Drôle de personnage.

mercredi, mars 3 2010

1001 Raisons, ou Presque

1001 raisons de repasser sous windows:

  • Flash sous Linux n'est en fait pas compatible avec Flash Windows, ou pour le moins a des versions de retard. Pas terrible pour un langage qui tient sa popularité de sa réputation de tourner pareil indépendamment de la plateforme.
  • La plupart des freeware amateurs sont sous Windows. En particulier les jeux, mais aussi divers utilitaires.
  • Les browsers disponibles sous Linux sont limités. Firefox ne supporte pas de rester ouvert plus de 24h (fuites de mémoire? dues à Flash?), et les alternatives sont plus rares / moins rodées que sous Windows.

1001 raisons de rester sous Linux:

  • Bien qu'il soit dans un sous-réseau NATé, je peux me connecter a mon ordinateur par un tunnel SSH, lui faire télécharger le torrent du dernier épisode de ma série préférée (libre de droits ~_~), et regarder l'épisode par SSH en texte pur. (Ça tue un peu la connexion réseau, il faut l'avouer.)

Y'a pas, il m'en faut deux...

lundi, février 8 2010

Ubuntu

L'autre jour, ayant entendu du bien d'un émulateur de PC, j'ai redémarré sous mon vieux Debian. J'ai trifouillé un peu pour faire marcher le driver wifi. J'ai fait les mises à jour, ça a installé un nouveau kernel, qui requiert de nouveaux drivers. J'ai re-trifouillé un peu pour faire marcher le driver wifi. Puis, histoire d'avoir des programmes un peu plus récents, je suis passé de Etch a Lenny. Ça a installé un nouveau kernel, qui requiert de nouveaux drivers, qui ne peuvent plus être installés séparément puisqu'ils sont supposés être inclus dans les dernières versions du noyau... En parallèle de ça, le driver son était en carafe. Tout a des limites, même le trifouillage. Plutôt que d'ajouter une autre couche par-dessus, autant réinstaller une Lenny fraîche. Et tant qu'on y est, pourquoi pas tester cette distribution dont tout le monde me dit du bien depuis des années?

Me voici donc, réticent, à installer Karmic Koala sur la partition vacante. Eh bien force m'est de faire écho à toutes ces opinions que je me refusais à croire: Ça Marche. Le wifi marche, le son marche, les changements de version de noyau ne cassent rien. Certes, il y a plein de programmes qui ne me servent pas, mais je ne saurais m'en plaindre: Beaucoup placeraient les alphabets non-latins dans la catégorie des inutiles, et pourtant l'affichage du japonais marche dès l'installation; configurer le système de saisie m'a pris 5 minutes. Et le système d'accès à distance qui permet d'ouvrir par SSH ou FTP des fichiers comme s'ils étaient locaux, c'est la cerise sur le gâteau.

Me voici donc un heureux utilisateur d'Ubuntu. Je ne l'installerais pas sur un serveur, mais je ne peux que le recommander pour un desktop, en particulier pour les non-linuxiens.

Une chose que je n'explique pas, c'est l'outil de modification des partitions. La version live-on-CD inclut GParted, et pourtant l'outil utilisé par l'installeur (sur le même CD, donc) est à pleurer. Je suppose qu'ils ont profité du fait que la plupart des gens ne manipuleraient pas les partitions manuellement pour faire l'économie de quelques librairies.

On en vient donc a faire tourner XP sous VirtualBox. C'était loin d'être aussi simple que je m'y attendais. Par exemple, il faut créer un deuxième profile hardware et changer des drivers. Il faut ré-activer l'OS à chaque démarrage de la machine virtuelle. Il faut trouver un MBR ou une iso de CD qui boot sur le disque dur. Mais ça marche, et c'est déjà assez impressionnant. Je devrais peut-être émuler un Windows 7.

samedi, janvier 30 2010

Nuggets

The WeatherPixie

Quelques trucs completement loufoques:

Un site avec quelques idées sympas:

Un groupe bien sympa:

lundi, janvier 4 2010

Arrestation à la japonaise

Au Japon, il y a des postes de police partout. Encore plus que des McDo. Je garantis pas l'éxactitude des statistiques, mais depuis 3 ans au Japon, j'ai du voir des policiers se livrer à leurs activités dans les proportions suivantes:

  • Ne rien faire: 500 fois
  • Indiquer la direction aux touristes: 150 fois
  • Indiquer la direction aux japonais: 50 fois
  • Balayer devant le poste: 5 fois
  • Patrouiller en vélo: 200 fois
  • Verbaliser des voitures/moto: 50 fois
  • Se tenir immobiles, par groupe de 5 ou 10, sans raison apparente, autour d'une personne qui se tient debout sans bouger: 10 fois
  • Arrêter quelqu'un: 1 fois

L'arrestation elle-même était assez intéressante. Imaginez un mec allongé par terre, vraisemblablement le méchant, maintenu par une demi-douzaine de policiers. Un policier étale un genre de couverture par terre, qu'ils enroulent autour du méchant, un peu comme quand votre grand frère vous enroulait dans le tapis du salon. Il a ensuite été transporté et enfourné dans une voiture de police. C'est certainement plus difficile de courir ou donner des coups de pieds comme ça. Ça a aussi l'air plus difficile à enlever sans aide extérieure. Je ne sais pas si c'est habituel d'utiliser ça au lieu de menottes au Japon, ou si ça s'utilise dans d'autre pays. N'en connaissant pas le nom, difficile d'investiguer...

Bonne année.

mardi, décembre 8 2009

Softbank Sucks

Au cours de mes tribulations, (en l'occurrence en lisant Engadget, excellente référence,) je suis tombé sur un site au titre assez explicite: "Softbank Sucks". Le plus intrigant, c'est que ce site raconte mon histoire. L'histoire de nombreux gaijins qui ont essayé de prendre un contrat Softbank. L'histoire de nombreux japonais aussi, apparemment. C'est pas ce que j'ai constaté dans mon entourage, mais ce n'est pas un échantillon relatif...

Lisant "WE WANT YOUR STORIES" en marge du blog, je n'ai pu résister à l'envie de communiquer ma frustration, avertir les futurs potentielles victimes, et faire de la mauvaise publicité à ce réseau qui traite ses clients avec autant de mépris. Mon histoire a donc rejoint son blog, et j'en suis ressorti avec d'autant plus de conseils/recommendations sur les téléphones japonais, en particulier Android.


J'ai aussi appris que Softbank accepte des téléphones débloqués... En théorie il serait possible d'acheter un N900 et l'utiliser sur un abonnement Softbank... Avec 95% de chances que ca marche pas, ou à moitié, qu'ils me fassent payer des sommes faramineuses sans préavis... Tentation digne d'Asmodée, Prince Démon du jeu...

mercredi, octobre 21 2009

弓道: Kyudo, la Voie de la Flèche

Hier, je suis allé voir une session de Kyudo pour la première fois. C’etait... spécial. On y retrouve bien la mentalité japonaise traditionnelle.

Au tir a l’arc, en général, on vise la cible, on tire, on regarde à quelle distance on est arrivé du centre de la cible, et on recommence.

Au kyudo, ce qui compte, ce n’est pas le résultat. C’est respecter les formes: Marcher correctement, se tenir correctement, tenir l’arc correctement, tirer la corde correctement, lâcher la corde correctement, ne pas tirer avant les plus hauts gradés, toujours tourner de exactement 90 degrés, toujours tourner de manière à ne pas montrer son dos aux plus haut gradés, etc. La position de la moindre partie du corps est définie avec précision. Il y a tellement de détails à retenir qu’on a pas vraiment le temps de regarder si la flèche a atteint la cible ou pas.

Durant la première leçon, et probablement les quelques suivantes, on apprend à marcher, tourner de 90 degrés sur place vers la droite, vers la gauche, tourner de 180 degrés sur place vers la droite, vers la gauche, tourner de 90 degrés en marchant vers la droite, vers la gauche, s’asseoir (a genou, ça risque de me poser problème), se lever. Une fois qu’on maîtrise tout ça, on apprend... la même chose en tenant un arc dans la main gauche et une flèche dans la main droite.

Je n’ai aucune idée du temps que ça prendrait pour en arriver a tirer une flèche...

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