Comme beaucoup le savent, j'ai passé une semaine (Silver Week, c'est comme Golden Week mais en un peu moins bien) à Ishigaki-jima, l'une des îles de l'archipel d'Okinawa. Okinawa, c'est à la fois le nom de l'archipel, de la plus grand île de l'archipel, et de la deuxième plus grande ville de l'île. Du coup, à chaque fois que je parles de mes vacances à Okinawa, les gens me demandent si j'ai visité le célèbre aquarium d'Okinawa, sur l'île d'Okinawa, à 500km de mon hôtel. Donc non, je n'ai pas vu l'aquarium ~_~

C'était ma première expérience avec une agence de voyage japonaise. J'espère que ça sera la dernière. Pour commencer, on ne choisit pas l'avion, on choisit l'heure de départ par tranche horaire. La seule tranche horaire qui arrivait avant la nuit était la tranche 6h-11h, l'idéal étant 9 ou 10 heures. Ayant réservé 2 mois à l'avance (Silver Week est très demandé), je m'attendais à recevoir mon billet rapidement, et quand 2 semaines avant le départ j'avais toujours pas de nouvelles, j'ai commencé à m'inquiéter. Malgré le harcèlement téléphonique, 2 jours avant le départ, toujours pas de billets... Finalement les billets sont arrivés par la poste le dimanche en milieu d'après-midi, pour un départ... Lundi matin à 6h, bien sur! Le premier train arrive à l'aéroport à 5 heures et quart... Finalement ça s'est bien passé, mais je trouve pas ça très responsable comme organisation... Et franchement, qui a envie de se lever à 3h du matin pour partir en vacances?

Pour les vols internationaux, les aéroports japonais prennent des empreintes digitales de tous les étrangers. (Pas celles des japonais, bien sur, tout le monde sait que les criminels ce sont les étrangers.) Pour les vols nationaux, par contre, pas une seule fois on n'a regardé dans mon sac, pas une seule fois on ne m'a demandé une pièce d'identité. Il est également autorisé d'emmener des liquides à bord de l'avion, apparemment ils ont une machine qui détecte les produits chimiques sans même ouvrir la bouteille ~_~ Je me demande si ça réagirait au Coca...

"Oh, un paquebot!" m'écriais-je, convaincu que l'occurrence était rare. Que nenni, toute aussi petite et lointaine qu'elle soit, cette île reste japonaise. Le port est massif, des bateaux gigantesques stationnent au large à longueur de temps. Le centre ville a plusieurs combinis qui, comme à Tokyo, ne ferment jamais. Par contre, ils sont tous de la même chaîne, "Coco", qui n'existe pas à Tokyo (détail qui aura son importance par la suite).

Étant donnée mon opinion sur l'agence de voyage, je m'attendais à ce que l'hôtel soit un cageot en bois avec des insectes dedans. Pas du tout. La vue de la fenêtre est absolument magnifique, donnant sur l'océan et l'île la plus proche (Taketomi-jima). Le bâtiment est en L mais organisé pour que toutes les chambres aient vue sur l'océan. Deux piscines (intérieure et extérieure) sont à la disposition des visiteurs. La chambre est plus grande qu'un appartement Tokyoite ordinaire, la salle de bain fait environ la taille de ma chambre actuelle. Internet est bien sur disponible dans la chambre, et ceux qui ont pas leur portable peuvent utiliser les PC du rez-de-chaussée. Le petit déj à volonté est inclus dans le prix, et chaque jour ou l'on ne fait pas le ménage rapporte un bon de 1000 yen (cumulatif) pour un repas du soir dans l'un des restaurants de l'hôtel. La réception se charge bien sur d'organiser les réservations des activités, par exemple plongée sous-marine, et l'on ne paye qu'au checkout. L'un des boutons de l'ascenseur a le label "Stardust Terrace" et mène bien entendu au toit, ou sont installées des chaises longues pour admirer les étoiles confortablement. Tokyo, qui ne dort jamais, émet tellement de lumière qu'il est rare de voir ne serait-ce qu'une seule étoile. Ça faisait longtemps que j'avais pas vu la voie lactée.

La cote d'Ishigaki-jima alterne entre les plages de sables et les plages de rochers, tournant parfois à la falaise. Pour commencer modestement, la destination du premier jour a été une plage un peu plus au nord, bordée par un village vacance. Sur la carte, c'est pas très loin, 2 petits kilomètres. Mais en début d'après-midi, à ces latitudes, en sortant de l'avion et manquant de soleil, qu'est-ce que c'était loin! Interdit de sortir de la zone de baignade délimitée par des filets, pas de coraux, peu de poissons peu colorés, un fond sous-marin boueux... Juste bonne à tester le masque/tuba.

Un conseil, si vous allez au Japon, emportez votre masque préféré. C'est p-e juste moi qui ai un gros nez, mais ça allait pas du tout. Le bas du masque m'écrasait les narines, le plastique (déformé par lesdites narines, forcément) laissait rentrer l'eau, et la partie en plastique solide appuyait sur le haut du nez. Ça fait mal ;_;

De brèves recherches ont indiqué Yonehara comme LA plage pour faire du masque/tuba. Effectivement, c'était autre chose. Les massifs de coraux commençaient sitôt dans l'eau et continuait aussi loin que j'ai pu nager. Les poissons étaient nombreux, colorés, tropicaux. C'était vraiment super, jusqu'à ce que la marée descende un peu et qu'il devienne difficile de se frayer un chemin parmi les rochers.

Yonehara est un peu plus loin de l'hôtel, impossible donc d'y aller autrement qu'en bus. Pour ceux qui se plaignent des trains de Tokyo qui finissent peu après minuit, les bus de Ishigaki-jima finissent à 6h au terminal. Et là ou les trains de Tokyo passent toutes les deux minutes, les bus passent toutes les heures, au mieux. Bon deal pour les taxis.

Au retour, le dernier bus partait vers 4h, avec une pause de 1h30 à Kabira pour attendre la connexion. Kabira est une très jolie petite plage, mais il n'est pas permis de se baigner... Ça a l'air d'être un bon point de départ pour des activités maritime, ballades en bateau, canoë, etc.

Le jour suivant, je pensais visiter le centre ville, regarder l'artisanat local, acheter quelques souvenirs, retirer des sous, manger dans un restaurant et rentrer en taxi. C'était mercredi, donc le dernier des 3 jours de congé consécutifs. Apparemment, contrairement à leurs homologues tokyoites, les combinis locaux n'ont pas de distributeurs de billets. Apparemment, depuis que j'ai reçu ma carte bancaire, la poste a changé ses systèmes et n'accepte plus les cartes de ma banque. Apparemment, les banques locales ne marchent pas durant les jours de congé... Somme totale restante, 150 yen, prix du taxi, 1300 yen. Distance entre le centre ville et l'hôtel: 5km. Nombre de lampadaires en chemin: 3. Donc j'ai mangé un hotdog à 130 yen et je suis rentré à pieds. Le plus drôle, c'est que ma banque n'est pas reconnue par les banques locales même durant les jours ouvrables, donc j'ai pas pu retirer de sous le lendemain non plus... J'ai du emprunter jusqu'à la fin de mon séjour! Joie! Faudra vraiment que je change de banque...

Le lendemain, après avoir donc emprunté des sous à une âme charitable, j'ai pris le ferry pour Taketomi-jima. C'est minuscule! La première plage avait un courant impressionnant, la deuxième plage était boueuse avec 50cm de fond sur 50m, la troisième était interdite de baignade. Les paysages sont très jolis par contre, et un vélo loué permet de faire le tour des coins intéressants sans efforts. La "ville" est bâtie de pierre, pour une architecture assez intéressante. Les ferrys pour Ishigaki-jima sont plus nombreux et finissent plus tard que les bus!

L'avion étant le samedi après-midi, le vendredi était la dernière chance pour faire de la plongée sous-marine. Ishigaki-jima est célèbre pour les raies manta. Un peu au nord de l'île se trouve le Manta Scramble, une zone de plongée sous-marine renommée pour y rencontrer des raies manta. Bien sur, la plongée au Manta Scramble était 50% plus cher que d'autres endroits, mais qu'importe, c'est pas tous les jours qu'on voit un poisson aussi gigantesque. Ayant réservé le jeudi soir, j'apprends le vendredi matin que la météo ne se prête pas à des sorties au Nord de l'île et que, donc, la plongée sera au sud, pas loin de Taketomi-jima, en face de l'embouchure du port, dans des eaux peu profondes. C'est bien ma veine. On y voyait en gros les mêmes poissons qu'à Yonehara beach, mais au moins c'était de la plongée.

La encore, on sent qu'on est toujours au Japon. Mes plongées précédentes ont toujours été relax, le moniteur donne des indications, tout le monde fait ce qu'il dit et tout se passe bien. Ici, on commence par signer plusieurs feuilles certifiant que je sais nager, que j'ai pas de phobie de l'eau, que j'ai pas de problèmes aux oreilles, et que si je suis pas leurs indications et que je meurs noyé, c'est ma faute. Les instructions ont duré une partie non négligeable du trajet en bateau. Une fois arrivée, on s'assoie sur le bord du navire, les moniteurs nous mettent l'équipement sur le dos, l'attachent, règlent le tout, nous jette à l'eau, utilisent les contrôles de profondeur. Arrivés au fond, on a même pas besoin de nager, on se tire sur le sol avec les bras. Un moniteur reste avec nous tous le long, nous marque les noms des poissons sur une tablette, nous donne de la nourriture à donner aux poissons, nous prend en photo avec les appareils de ceux qui en ont, nous fait des ring bubbles, nous remonte et reprend son matériel. Plus qu'une visite guidée, pratiquement un one-man-show, pas une seconde pour s'ennuyer ou pour faire quoi que ce soit soi-même. C'est sûrement bien pour une première fois, mais j'aurais bien aimé avoir un peu plus d'air... Il faudrait que je passe ma licence un jour, les séances de plongées deviennent moins chères et plus variées.

Samedi, dernier jour. Check-out à 11h, avion à 18h, journée assez calme. Empaquetage, "Oh mince j'ai oublié d'écrire les cartes postales", bus vers la ville, visite d'un musée minuscule et incroyablement désorganisé, bus vers l'aéroport. Comme d'hab, j'ai emporté ma DS et 2 bouquins, et comme d'hab, ils ont pas quitté mon sac.

Quelques repaires

Photos: Un jour peut-être